Deux poids deux mesures ?

Qu'on pense ce que l'on voudra de l'écrivain français Hervé Lalin, que je qualifierai de nationaliste, terme qu'il ne renierai pas j'imagine, qu'on le trouve outrancier, dépassant les bornes ou haineux, il n'empêche que je trouve sa mise au trou plus qu'injuste. Surtout quand on songe à la folie propagandiste qui s'est abattue lors des attentats de Charlie et qui prônait le droit ultime à la liberté d'expression, mais alors cette autorisation de penser, de parler, de s'exprimer est elle une convention sociale ouverte à tous ou seulement un privilège dont dispose les membres d'un certain sérail ''politiquement correct'' ?

 

Qu'on se souvienne que Fanon, aujourd'hui considéré comme un génie de la théorisation de l'être et de la condition de colonisé fût lui aussi et notamment via la préface de Sartre censuré à une époque où l’État français désirait massacrer en paix son indigénat. Aussaresses pour avoir voulu justement parler de cette même période a su de quoi il en ressort de ne pas s'exprimer dans le sens du vent. 

 

N'oublions pas que les vérités sont comme les sciences, versatiles, démontrables parce qu'on peut les démonter, parce qu'on peut en discuter. Quelle liberté réelle pourrait elle prétendre s'être érigée sur la stèle du dogmatisme ?

 

Quel peut être le but de cette mise à l'écart, ses mots sont ils si dangereux ? Lorsqu'il y a bien des années maintenant Grenouilleau écrivait sa synthèse sur les traites négrières il y eu une grande montée au créneau du monde universitaire pour défendre le droit au savoir, à la connaissance et ce malgré les protestations d'associations revendiquant le racisme supposé de l'auteur. Faut-il donc plier face à des souffrances psychiques ou physiques, à un droit à la mémoire de victimes depuis longtemps disparues et qui peut dès lors s'exprimer pour elles avec la formidable prétention de faire parler les morts ?

 

Pour notre part, enfin pour moi en tout cas, il est essentiel de laisser parler ou écrire Ryssen, le nom de plume d’Hervé Lalin, qui s'intitule lui même judéologue s'il veut tergiverser et rédiger sur l'idéologie judaïque car cela est heureusement fait par des pléiades d'auteurs sur les autres religions, en premier l'islam et le christianisme sur lesquels on tire aisément à boulet rouge.

 

Qu'est ce que la justice si ce n'est en premier lieu une équité dans le traitement de tous ? Aujourd'hui je suis désolé de voir, mais cela sera sans aucun doute systématiquement le cas tant que la politique gérera la vie des hommes, qu'à l'instar de ce qui se passa il y a déjà quelques décennies maintenant pour le cinéaste britannique S. Kubrick avec Les sentiers de la gloire, la loi s'affole, prend peur, et censure ce qui comme pour lui et Fanon finit bien, tôt ou tard, par percer et devenir une œuvre classique. Quelle honte seulement que des hommes de lois si imbus de leur personne à cause de la grandiloquence de leur fonction ou des titres que leur octroie une société dont ils sont à la fois juges et parties, puissent croire ne serait-ce qu'un seul instant qu'en brisant un écrivain l'on puisse stopper la progression de sa pensée.